Portfolio virtuel 2005-2008

lundi 19 mai 2008

Arabesque

Cette peinture aux allures ludiques fait penser à l'amusement, au bonheur, à la joie, à la simplicité, et pourtant son opposé s'y trouve : la rigueur, la vigilance, l'instant crucial et décisif. En regardant bien l'oeuvre, on y remarque deux personnages de cirque, dux acrobates, dont les corps sont les cercles et les membres, les lignes. Leur position rappelle un trapéziste qui lance sa compagne à bout de bras afin qu'elle s'accroche à un autre trapèze. Vont-ils réussir leur coup? Cela est impossible à savoir puisque le mouvement est figé. Pourtant, il semble si gracieux que l'on souhaiterait une bonne fin pour eux.
Par contre, s'ils échouent leur tour, que va-t-il arriver? Serait-ce la fin? Il est évident de constater que les deux partis sont complices : ils s'aiment. Ils sont la dualité de chacun d'entre nous. C'est le combat - non, l'union - de ces deux partis, l'homme et la femme, qui ensemble constituent la totalité d'un être. S'ils échouent leur numéro, on aura perdu à tout jamais cette autre partie de nous que l'on tente de cacher aux autres, mais qui est nôtre.
Chacun détient l'union du bleu et de l'orangé en lui. Ensemble et de manière équilibrée, le bleu et l'orangé forment le noir, la couleur de l'absolu en peinture. Donc, c'est pourquoi en manquant de bleu ou d'orangé, il nous manque quelque chose.
Pour ce qui est du titre, 'Arabesque' se réfère à une prouesse qu'un acrobate accomplit dans un cirque, mais aussi le terme signifie tout ce qui est sinueux, tournant, cambré, rebondi. Le titre 'Arabesque' résume par le fait même la structure et la symbolique de l'oeuvre.
Le tableau a un certain côté spirituel, qui relève de l'esprit, qui lui est un être incorporel, imaginaire. L'incorporel est vaporeux et intangible, et contrarié par le granuleux, ramène notre esprit à la raison. Pour l'imaginaire, le monde fantasmagorique qui semble vouloir nous avaler. Incorporel car les formes sont troubles, indéfinies, elles ne semblent pas avoir de fin. L'esprit cite aussi une manière de penser, de concevoir, de se questionner sans cesse. Cela va-t-il bien finir pour les deux acrobates?
Année de réalisation : 2007

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